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©  Crédit photographie et images:
                  courtesy of Wright State University, Special Papers
                  Wilbur & Orville Wright Papers, Manuscript Div, Library of Congress, Washington D.C.
                  collections privées

 Le séjour à Pau

Le camp d’aviation du Pont-Long à Lescar

Au Mans les conditions météorologiques sont peu favorables, Wilbur prend du retard et l’apprentissage des élèves est lent. Paul Tissandier un des élèves en parle à son ami Henri Sallenave,  lequel se déplace au Mans avec une documentation, dont des relevés météorologique effectués par le Dr Meunier directeur de l’observatoire de Pau. Henri Sallenave a l’appui de Alfred de Lassence, maire de Pau pour proposer un site près de Pau. Wilbur est intéressé par ce pays avec peu de vent et  sans brouillard.

La municipalité de Pau mettra à sa disposition un emplacement loué sur la lande du Pont-Long (mais appartenant aux bergers de la vallée du Haut-Ossau) où un hangar sera installé. Hart O. Berg fait le déplacement à Pau et enlève l’accord de Wilbur.

Wilbur arrive à Pau le 14 janvier 1909.

L’installation est rapide, le Comité d’aviation a fait édifier le hangar avec un atelier et un logement  où Wilbur s’établit.

 

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La famille Wright se retrouve à Pau

Wilbur quitte le Mans et s’établit à Pau le 14 janvier. Ses mécaniciens Lovelace et Lachapelle le rejoignent le 15.

Orville et leur sœur Katharine traversent l’Atlantique et gagnent Paris le 12, puis Pau par le train le 17 janvier 1909.

Les Wright s’installent à l’Hotel Gassion, situé face aux montagnes sur la promenade du Boulevard de Pyrénées

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Leur séjour à Pau est axé sur la qualification, la valorisation du Flyer dans le cadre du contrat. Ils poursuivent toutes leurs activités et malgré l’éloignement il semble qu’ils menaient tout de front de façon efficace. Katharine fait le lien épistolaire avec la famille restée aux USA.

 En ce début de XX ième siècle Pau est une petite ville qui bénéficie des facilités ‘’modernes’’, dont le chemin de fer et le télégraphe qui ont une efficacité et une rapidité remarquables. Les frères Wright   communiquent avec leurs correspondants au moyen d’un courrier abondants et avec leurs relations d’affaires avec les câbles

Les Wright règlent donc par câble depuis Pau une multitude d’affaires.

 

 

Après la fin de la formation des élèves Orville et Katharine quittent Pau le 18 mars,  Wilbur le 23 pour différentes réceptions d’adieu au Mans et à Paris à l’Aéro-club de France.

Ils partiront ensuite pour l’Italie puis, après un passage à Londres, ils rejoindront les USA où ils recevront un accueil enthousiaste.

 

 

 

 

 

 

La poursuite du contrat Weiler et la formation des pilotes

L’appareil qui a volé au Mans est remonté au Pont-Long et les vols de Wilbur reprennent le 3 février 1909.  La formation des élèves, commencée au Mans, se poursuit à Pau.

 

Le montage du deuxième appareil école est achevé le 27 février 1909

 

Cette formation se déroule sans problème particulier et il faut noter l’absence d’accident sérieux.

Les Wright font faire des travaux durant leur séjour, Léon Bollée au Mans réalisera certains usinages. Le garage Couget à Pau interviendra pour la maintenance

 

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Le Comte de Lambert effectue 5 h 22 mn 17s en 24 vols entre le 28 septembre 1908 et le 13 mars 1909,  dont 3 h et 23 s à Pau.

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Paul Tissandier 5 h et 56 s en 17 vols entre le 28 sept 1908 et 21 mars 1909, dont 4 h 49 mn 21 s à Pau          

Ils obtiennent leur licence de pilote de l’Aéro-club de France après avoir volé 25 km en solo le 25 mars 1908 : le comte de Lambert a le brevet n° 8, Tissandier le brevet 10bis

 

Le capitaine Lucas-Girardville ne terminera pas sa formation à l’Ecole Wright.

 

En tout 64 vols ont été effectués au Pont-Long par Wilbur entre le 3 février et le 20 mars 1909, dont 14 vols en solo, 10 vols avec passagers.

Après le dernier vol de Wilbur le 2ème Flyer est démonté et envoyé en Italie

 

Pau avec le champ d’aviation du Pont-Long est ainsi devenu la première école d’aviation au monde.


 

 

La vie mondaine à Pau

 

Pau est une ville de villégiature où des gens fortunés se retrouvent pour passer l’hiver sous un climat plus doux

Des étrangers, anglais et américains notamment, ont leurs habitudes à Pau

Il y a de nombreuses activités mondaines (la vie dans les hôtels et les réceptions, les promenades dans les environs, le Palais d’hiver, les jeux divers, …)

On y pratique des activités sportives aérostats, dirigeables, golf, courses de chevaux

 

Lorsqu’ils arrivent à Pau les Wright ont été précédé par leur renommée. En conséquence on leur déroule le tapis rouge. Les journalistes sont à l’affût

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Le 21 janvier une réception officielle est donnée par le maire Alfred de Lassence au Palais d’hiver avec toutes les personnalités locales , les autorités militaires et les représentants des associations aéronautiques. Les lettres que Katharine expédie à sa famille montrent l’amusement des Wright face à ces manifestations, sans qu’ils en perdent leur bon sens

 

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Les relations publiques au Pont-Long autour du Flyer

A Pau résident en hiver de nombreux sportmen et des représentants de la haute société, férus de modernité et de ces sport dangereux que sont l’aérostation et l’aviation en ces temps. Les frères Wright sauront mettre en valeur (avec la modestie qu’il faut) leur savoir-faire

Ils reçoivent au Pont-Long la visite des notabilités locales, dont le maire Alfred de Lassence, Louis  Barthou natif du Béarn et ministre des Travaux Publiques, des membres du Parlement, des hommes politiques français et étrangers,  des personnalité du monde aéronautique 

Le roi Espagne Alphonse XIII, le roi d’Angleterre Edouard VII viendront aussi admirer les exploits des américains.


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Alphonse XIII et Wilbur Wright

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Edouard VII au Pont-Long

Les journalistes venus nombreux relatent les exploits dans les journaux du monde entier

Les Wright soignent bien leur communication, ils emmènent comme passagers pour des vols courts des personnes connues L. Barthou, le marquis de Kergariou, Katharine Wright, la comtesse de Lambert, des députés;

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 photo Courtesy of Wright State University, Special Collection

 

 

La force des Wright à Pau

Ils ont une énorme puissance de travail et tout est sacrifié à leur passion

La complémentarité des 2 frères leur est très utile

Le soutien de la famille et la présence de leur sœur à Pau

Ils ont emmenés leurs 2 mécaniciens, dont l’un parle bien le français (utile pour les travaux avec les artisans locaux)

Ils savent utiliser les moyens modernes de l’époque, il leur est apparemmment facile de poursuivre leurs différentes activités:

Ils maintiennent depuis Pau leurs contacts avec les fournisseurs habituels

 

Au cours de tous les vols ils poursuivent les essais, ce qu’on retrouve sous forme de notes soigneusement calligraphiées dans de petits carnets (les différents moteurs, les hélices,leurs spécifications, la vitesse de rotation ; les réglages divers)

 

Par contre ils en restent au lancement avec catapulte ; ils ne semblent pas avoir à cette époque envisagé de monter des roues

 

 

 

 

Poursuite de la valorisation de leur invention

 

Les vols à Pau sont destinés à former les élèves pilotes. Comme Wilbur estime avoir perdu beaucoup de temps il n’est pas question d’établir des performances. Les records établis au Mans ne seront pas battus.

 

Ce n’est qu’après le départ des Wright que Paul Tissandier établira son record de France avec 50,7 km en 1h 20mn

 

Durant le séjour palois ils ont des contacts pour vendre leur invention en Europe, visant principalement les gouvernements ou les armées. Ils entrent en relation avec Short Brothers en Angleterre pour la construction de 6 appareils

Ils s’occupent aussi de l’organisation de leurs voyages de démonstration prévus en Italie et en Allemagne. Une correspondance est échangée avec la Russie

 

Les nouvelles demandes de brevets

Les Wright ont déposé le 10 février 1908 la demande n°415.105 pour un nouveau brevet (ce brevet sera délivré le 14 octobre 1913 !) pour un système automatique. L’agent en brevet des Wright les informe en temps réel, et le cas échéant, leur demande leur avis. Une abondante correspondance adressée à l’Hotel Gassion en fait foi.

 

 

Mise en place de l’Ecole de pilotage Wright

Wilbur effectue son dernier vol le 20 mars, il a rempli son contrat.

 L’école fondée par les frères Wright passe alors sous la responsabilité de la Compagnie Générale de Navigation Aérienne. Paul Tissandier en est le responsable et le moniteur avec un seul appareil, celui utilisé depuis Le Mans et  qui est usé et dépassé. Il n’a qu’un élève René Gasnier , rejoint par le capitaine Etévé envoyé en tant qu’élève militaire par le Centre de Chalais Meudon.

Paul Tissandier abandonne au début 1910 et, malgré quelques espoirs de reprise, l’école Wright ne réouvrira pas, jusqu’à ce qu’elle soit réquisitionnée en 1914 par l’Armée.